Que reste-t-il de « l’Humain » ? – Entre deux mondes – Olivier Norek – Michel Lafon

J’ai voulu attendre pour lire ce livre, ne pas me faire polluer par tous les retours à son sujet sur la toile. Attendre le moment propice pour moi, qui suis dans une période  où je ne suis pas emballée plus que ça par mes lectures. Peur d’en attendre trop. Mais en même temps il me faisait de l’œil posé sur ma table de nuit, tous les soirs je scrutait sa couverture intrigante. Tous les soirs je le retournais pour lire sa 4ème de couverture énigmatique. Tous les soirs je me disais allez ce sera le prochain, après tout tu ne peux pas être déçue par cette lecture. Et puis je me suis lancée… Grand bien m’en a pris !

Comment aborder un sujet de société, et de politique aussi brûlant, sans être juge ni partie ?

Ce n’est pas simple.

« La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble près de dix mille hommes, venant des pays les plus dangereux de la Terre, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines. »

Plus qu’un roman policier, ici l’intrigue est secondaire et sert les personnages, c’est un roman sociétal. Un état des lieux, pointant les dysfonctionnements et les faiblesses de notre société. Derrière nos écrans, nous sommes abreuvés d’images et de paroles, de migrants, d’humanitaires, d’habitants, de forces de police qui se débattent, qui pour leur survie, qui pour pouvoir se regarder dans la glace le matin, dans une société qui les a laissés pour compte.

Les personnages de ce roman, avec lesquels j’ai souffert, espéré, pleuré, sont de plain-pied dans une réalité dérangeante. Que fait-on pour ces êtres humains qui ont quitté leurs pays en guerre, vers l’espoir ténu d’une vie meilleure, dans un pays inconnu, un Eldorado illusoire ? J’ai vécu dans un bidonville géant avec ses codes et ses lois, celles du plus fort et des plus nombreux.

Sa grande force : son humanisme profond, qui m’a mis en apnée.

Ce livre a eu l’effet d’un boomerang, à plusieurs reprises je l’ai posé loin de moi, pour reprendre mon souffle, mon sang froid. Et à chaque fois il m’est revenu en pleine figure, à chaque fois il m’a pris aux tripes, il m’a étreint le coeur si fort que j’en ai suffoqué.

J’ai fini ma lecture ce matin en larmes, de tristesse, d’impuissance et de rage face à ces drames humains.

4ème de couverture :

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences. 

Défi lecture 2017 – Catégorie 59 : Un roman comportant une carte réelle ou fictive.

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4 réflexions au sujet de « Que reste-t-il de « l’Humain » ? – Entre deux mondes – Olivier Norek – Michel Lafon »

  1. Merci Sam, effectivement, on ne ressort pas indemne après cette lecture. J’avoue qu’il aura marque mon année 2017.
    J’avais la même appréhension que toi en le lisant, j’ai attendu puis je n’ai pas pu résister.
    Bonne journée !

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